Une invitation historique pour un jubilé sous tension
Ce 21 avril 2025, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a officialisé lors d'une conférence de presse ce qui était attendu comme un geste diplomatique fort : le Président John Dramani Mahama a invité personnellement les trois chefs d'État de la Confédération des États du Sahel (AES) à participer au jubilé d'or de la CEDEAO, prévu le 22 avril 2025 à Accra.
Cette invitation concerne directement le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, le Général Assimi Goïta du Mali et le Général Abdourahamane Tiani du Niger — les trois dirigeants dont les pays ont officialisé leur retrait de la CEDEAO le 29 janvier 2025.
« Le 50e anniversaire de la CEDEAO n'est pas seulement une célébration symbolique. C'est une opportunité stratégique pour réfléchir ensemble aux cinquante prochaines années de l'intégration régionale. »
— Samuel Okudzeto Ablakwa, Ministre ghanéen des Affaires étrangères, 17 avril 2025Mahama, l'architecte du dialogue AES-CEDEAO
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le Président Mahama s'est imposé comme le principal médiateur entre la CEDEAO et l'AES. En mars 2025, il avait effectué une tournée dans les trois capitales sahéliennes — Bamako, Ouagadougou et Niamey — signant des accords bilatéraux dans plusieurs domaines et plaidant pour des « relations apaisées ».
Pour ce jubilé d'or, Mahama va encore plus loin. Selon le chef de la diplomatie ghanéenne, « tous les chefs d'État de la CEDEAO sont invités à cet événement, y compris les chefs d'État des pays de l'AES ». Et fait remarquable : cette décision n'a rencontré aucune opposition ni résistance de la part des autres membres de la CEDEAO.
- Lancement officiel des festivités du 50e anniversaire de la CEDEAO
- Réunion extraordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO
- Ordre du jour principal : examen officiel du retrait des pays AES
- Participation des ministres des Affaires étrangères ET des Finances
- Un rapport sera soumis aux Chefs d'État et de gouvernement
- Présence des dirigeants AES : en attente de confirmation officielle
Pourquoi cette invitation change la donne
Depuis le retrait officiel de l'AES le 29 janvier 2025, les relations entre les deux blocs étaient au point mort. Cette invitation représente le premier geste diplomatique concret depuis la rupture. Elle signifie que la CEDEAO reconnaît implicitement qu'elle ne peut pas exister sans entretenir des liens avec ses anciens membres — des pays qui représentent une part majeure du territoire de l'Afrique de l'Ouest.
Pour l'AES, accepter (même partiellement, via des délégations) serait un signal fort envoyé à la communauté internationale : l'Alliance n'est pas isolationniste, elle cherche des partenariats d'égal à égal, pas une tutelle institutionnelle.
« L'invitation traduit une volonté d'ouverture et de dialogue de la part du président John Dramani Mahama. »
— Samuel Okudzeto Ablakwa, Ministre des Affaires étrangères du Ghana, 21 avril 2025Chronologie du rapprochement Ghana-AES
Les enjeux pour l'AES : entre souveraineté et pragmatisme
La question de la présence des dirigeants AES à Accra n'est pas anodine. Assimi Goïta, en tant que Président en exercice de la Confédération, est particulièrement attendu. Une présence effective enverrait un message puissant de maturité diplomatique. Une absence serait interprétée comme un refus du dialogue.
Selon les observateurs, il est probable qu'à défaut d'une présence physique des leaders, des délégations de haut niveau seront envoyées pour représenter l'AES — une approche qui permet de maintenir le dialogue sans compromettre la posture souverainiste des trois États.
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